2008

Compte rendu du 7ème festival celtique de Corbeyrier

Danse avec le Loup, 20 et 21 juin 2008

 
C’est une 7ème édition du festival celtique Danse avec le loup bénie des cieux qui a fait résonner la région de Corbeyrier ce week-end des 20 et 21 juin, sous un soleil radieux et une lune lumineuse. 170 bénévoles se sont relayés pour assurer à 3600 festivaliers deux jours de concerts et d’événements culturels riches en qualité et en diversité. Les amateurs et les passionnés de culture celtique se sont succédé pressés auprès des danses, des bars, des stands de crêpes, des couleurs de bronze et des très nombreuses autres animations, pour un festival unique en son genre. Ils ont dévoré 11 sangliers, 2400 repas, bu 500 bouteilles d’hydromel, 650 de cidre et 3000 litres de cervoise fraîche, ceci sans compter quelques hectolitres d’eau, pour la soif, sous un soleil de plomb.
 
Du côté de la musique, tous les groupes ne souhaitent qu’une chose : revenir. Weasel précisait qu’ils reviendraient… même sans jouer ! Chacun soulève avec enthousiasme la qualité de l’accueil reçu. Il y a eu beaucoup d’émotion du côté des musiciens, après les concerts, le bar des artistes n’était qu’effusions. L’affiche a été complimentée pour sa variété et sa complémentarité. Le festival a débuté avec le concert du groupe Trellan. Il est connu sous le nom d’Ar Kan, mais c’est désormais ce nom qu’il faudra retenir pour ceux qui ont fait danser le public dès le premier titre. Une première danse plus interrompue avant les petites heures de dimanche matin. Samedi, des ateliers de danses irlandaises et bretonnes très fréquentés, sur la musique live de Trellan, a permis à tout un chacun de se familiariser avec ces quelques pas spécifiques.
Gerry O’Connor et Gilles le Bigot ont développé après 3 mesures déjà, un phrasé irlandais magnifiquement soutenu par la ligne harmonique et rythmique dont Gilles a le secret. Toni Canton et Jacques Tribuani, musiciens piliers dès la naissance du festival, ont fait évoluer leur son avec Toss, en utilisant les effets électroniques dans un mariage parfait avec leurs instruments traditionnels. Innovation : le couple de danseurs qui les accompagnent ont fait de ce concert un véritable spectacle.
 
A minuit, place à un fest-noz traditionnel : Skolvan a su associer la tradition bretonne avec des touches des pays de l’est et des accents jazzy. Le public a parfaitement adhéré. Samedi, Weasel, groupe recommandé par nos amis de Black Water, a été encore au-dessus de nos espérances. Dans une ligne toute irlandaise, ils ont su faire entrer le public dans l’énergie de Danse avec le Loup. Cecil Corbel a envoûté le public et a su les emmener dans son monde elfique. Session A9, leader de la musique écossaise : le public ne s’y est pas trompé en offrant l’ovation méritée à ce concert d’exception. Ils ont finalisé le concert en session sauvage autour du feu aux aurores.
 
Puis Plantec a offert aux festivaliers un fest-noz musclé, ils ont mis les danseurs en transe avec un trad électro-rock dans une mise en scène théâtrale. Dans la journée de samedi, une programmation culturelle très riche a satisfait les appétits les plus avides de connaissances nouvelles grâce à une collaboration avec l’université de Lausanne section archéologie, Animations Animarc, le Musée du fer de Vallorbe et Au Diable Vert de Bex. Le public suivi la conférence du professeur Thierry Lüginbühl sur les relations des Celtes avec les autres civilisations, coulé des pièces de bronze, assisté à un défilé de mode présentant les vêtements des dames et guerriers de l’époque, assisté à la reconstitution archéologique d’un authentique banquet celte. Il découvre le travail du bronze, la cuisine gauloise et romaine, les céramiques gauloises et galloromaines, la fabrication de chaussures antiques, la peinture romaine sur céramique, les plantes médicinales de l’époque gauloise, la géobiologie, les constructions antiques et les enfants se sont enfoncés dans la forêt, emmenés par une conteuse. Est-il indispensable d’expliquer le plaisir des enfants, la passion des animateurs, la simplicité de la découverte, la joie du partage ainsi provoquée ? C’est dans cette atmosphère toute pétrie des murmures d’un autre temps que les étoiles ont succédé au soleil, puis à son tour, le petit jour.
 
Comme session A9, quelques grappes de musiciens égarés prolongent la fête en musique, tandis qu’au bar des sessions, la fête bat son plein jusqu’au matin. Ici se sont succédé les groupes suisses invités. Une magnifique participation au bar des sessions qui a très bien porté son nom; un groupe s’offre ici à chaque édition un ticket pour l’ouverture du festival suivant sur la grande scène, à l’image de Trellan. Des étoiles dans les yeux, toute l’équipe d’organisation de ce festival biennal se réjouit de cette pleine réussite.
 
 
Photos: Chantal Dervey / Pierre Navioz